La maîtrise de la variabilité dans les démarches Lean Management

La maîtrise de la variabilité dans les démarches Lean Management
Publié le Jeudi 31 août 2017

Pierre Bonnardin
Consultant Senior, Black Belt Lean Six Sigma

C’est bien connu, le Lean, c’est la chasse aux « 3M » : « Muda, Muri, Mura ».

« Muda », recouvre l’ensemble des gaspillages : déplacements inutiles, stocks et en-cours importants, attentes, surproduction, …La plupart des démarches Lean engagées dans les entreprises s’attaquent à ces gaspillages. Cette lutte est souvent la partie la plus visible des efforts réalisés. « Muri », c’est le stress ; c’est la surcharge de travail qu’il faut combattre en équilibrant les postes de travail, en favorisant les flux tirés, en éliminant les tâches inutiles … Enfin, il reste le 3ème « M » : « Mura ». Celui-là, on a tendance à l’oublier !

Mais vouloir réduire le temps de cycle d’un processus de fabrication de boulons, ou de traitement de commandes sans s’intéresser également à la variabilité de ce temps de cycle est bien risqué ! Rappelons que l’honorable Monsieur Taguchi a démontré que la variabilité coûte chère : plus cette variabilité est importante, plus les pertes sont fortes : rebuts, retouches, retards de livraison, avoirs pour les clients, perte de clientèle …

La variabilité est partout : dans les processus de fabrication, dans les processus supports, maintenance, système d’information, traitement des factures, logistique, ressources humaines, … Elle porte sur les délais, la qualité des produits, la qualité des matières premières, …

Comment réduire la variabilité ? D’abord la mesurer. Sans mesure pas d’action ! Il faut donc en passer par les statistiques pour quantifier et mettre en évidence la variabilité. Nous rentrons dans le domaine de la « MSP » : « Maîtrise Statistique des Procédés » (ou SPC en anglais, Statistical Process Control). Un concept clé de la MSP est de bien distinguer les 2 grandes familles de causes de variabilité : les causes assignables (ou spéciales) et les causes communes (ou aléatoires).

Pour traiter les causes assignables qui génèrent des variabilités importantes ou des dérives dans le fonctionnement du processus, nous pourrons utiliser des outils tels que les méthodes de résolution de problème (MRP), analyse des risques (AMDEC). La TPM (Total Productive Maintenance), en réduisant le nombre et les temps d’arrêts de la chaîne de production, va aussi contribuer à réduire la variabilité.

S’attaquer aux causes aléatoires est plus ardu : il faut identifier et traiter les facteurs influents qui génèrent cette variabilité intrinsèque au processus. Un fois le processus sous contrôle, c'est-à-dire à un niveau de variabilité acceptable pour les clients, la mise en œuvre de cartes de contrôle va permettre de surveiller les caractéristiques mesurables clés du processus, d’anticiper les dérives, d’identifier et traiter à temps d’éventuelles nouvelles causes assignables de variabilité.

Pour aller plus loin, visionnez la web-formation « L'application des outils Lean 6 Sigma dans le cadre d'un projet de transformation », animée par Nicolas Stéfanopoulos, Consultant Black Belt Lean et Master Black Belt Lean 6 Sigma chez XL Groupe.


Pierre Bonnardin
Consultant Senior, Black Belt Lean Six Sigma

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