Animer une équipe de projet Lean 6 Sigma

Animer une équipe de projet Lean 6 Sigma
Publié le Mercredi 22 juillet 2015

Jean-Louis Théron
Responsable pédagogique Lean 6 Sigma, Master Black

Un projet Lean 6 Sigma est structuré selon le cycle méthodologique DMAIC. Il se distingue d’un chantier (atelier dans la norme NF X 06-091) par la plus grande complexité du modèle causal. De plus, il nécessite des ressources de mesure et d’analyse plus importante, et dure plus longtemps.

De ce fait, la méthode de conduite du projet – durée 4 à 6 mois – doit être plus élaborée que pour un chantier de 6 à 8 semaines, dont les 3 phases principales sont souvent : préparation, réalisation (événement de type Kaizen), suivi des actions.

Conduire un projet, c’est rassembler et gérer des ressources pour atteindre des objectifs définis à l’avance, à l’aide d’une planification, de moyens de communication et d’animation. De nombreuses méthodologies existent (PRINCE, etc.), avec même des référentiels de certification (PMI, etc.).

À quels aspects spécifiques faut-il être attentif sur un projet DMAIC Lean 6 Sigma ?

  • L’équipe est (quasiment) toujours transverse, c’est-à-dire que le chef de projet n’est pas le responsable hiérarchique de tous les membres de l’équipe : obtenir et maintenir les ressources humaines voulues est un défi de chaque instant ! Ceci suppose une bonne communication avec les managers (Champion, Sponsor, N+1 des membres de l’équipe).
  • C’est un vrai défi pour atteindre les objectifs, puisque les méthodes de résolution de problème ont été essayées mais ont échoué. L’équipe a donc besoin d’être rassurée sur la capacité à les atteindre à l’aide d’outils performants.
  • Chacun a une idée intuitive préconçue des solutions à déployer, et aimerait pratiquer notre sport national : démontrer qu’on aurait dû prendre un raccourci ! Passer par une analyse statistique n’est pas forcément admis facilement par tous.
  • Il ne sert à rien d’avoir raison tout seul : si le chef de projet mène une analyse statistique brillante mais que le reste de l’équipe ne valide pas les constats, la phase d’identification et de déploiement des solutions sera difficile à réaliser. Il doit donc veiller à animer la phase Analyser de manière participative, comme les autres phases, et ce même si les outils statistiques sont particulièrement techniques. Ceci nécessite des efforts de vulgarisation et de pédagogie, pour améliorer la « culture de la mesure » au sein de l’organisation.

Veiller à ces 4 points évitera déjà bien des déboires dans la conduite d’un projet Lean 6 Sigma.


Jean-Louis Théron
Responsable pédagogique Lean 6 Sigma, Master Black

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