La démarche DMAIC (Six Sigma sans statistiques… ou presque !)

La démarche DMAIC (Six Sigma sans statistiques… ou presque !)
Publié le Jeudi 6 septembre 2018

Sylvie Gallo
Consultante Senior, Black Belt Lean et Six Sigma

Le DMAIC, une méthode de résolution de problèmes rigoureuse pour améliorer la Qualité dans les industries et les services.

Dans un contexte concurrentiel où l’offre dépasse la demande, il est essentiel pour la survie d’une entreprise de satisfaire ses clients et de rationaliser ses frais de fonctionnement. Par conséquent, la maîtrise de la qualité des produits ou services est devenue essentielle.

Apparue dans les années 80, la méthode Six Sigma est l’aboutissement de nombreux travaux réalisés notamment par Walter Shewhart, Edward Deming, Philip Crosby et Joseph Juran dans la 1ère moitié du XXè siècle. Les outils employés avec rigueur et bon sens permettent à un groupe de travail d’améliorer significativement les performances du processus étudié en diminuant la variabilité des indicateurs critiques pour le client, rendant ainsi ce processus « sous contrôle » donc, plus prévisible.

Ce but est atteint en cinq étapes successives connues sous le nom DMAIC :

  • Définir le problème et les objectifs : identifier les clients internes et externes, leurs attentes et les valeurs ajoutées attendues, cartographier le processus, identifier les causes possibles de variabilité et les Non-Valeur ajoutées.
  • Mesurer : qualifier le processus de mesure, déterminer les indicateurs réels du processus (capabilité process, ratio valeur ajoutée/non-valeur ajoutée, etc…), finaliser la liste des facteurs potentiellement influents.
  • Analyser : valider les quelques causes de variabilité et de gaspillages impactant réellement le processus.
  • Innover : sélectionner et tester les solutions de maîtrise du processus.
  • Contrôler : démontrer les progrès réalisés et donner les nouvelles règles de pilotage du processus.

L’avantage d’utiliser cette feuille de route est de solutionner des problématiques jamais résolues jusque-là et de maintenir les résultats sur le long terme.

La puissance de cette méthode réside dans le fait qu’elle met en jeu l’intelligence collective (travail en groupe pluridisciplinaire) et que les conclusions proviennent de l’analyse des données du processus plutôt que de l’avis subjectif d’un expert. Elle implique tous les acteurs du terrain et chaque étape ne peut être démarrée que lorsque la précédente est validée par le sponsor (le « propriétaire » de la caractéristique que l’on cherche à améliorer).

Le DMAIC sans statistiques… ou presque !

La méthode Six Sigma a été développée sur le principe de l’analyse des données du processus, car on ne peut améliorer de façon objective et efficace que ce qui se mesure.

« Sigma » est un terme statistique qui représente l’écart-type d’un ensemble de mesures, c’est-à-dire la dispersion des valeurs autour de leur moyenne. Un processus Six Sigma montre une variation si faible que le taux de non-conformités est de l’ordre de 3,4 défauts par million d’opportunités.

La méthode Six Sigma offre une panoplie de techniques et d’outils qui permet d’identifier puis d’optimiser les quelques paramètres-clés contribuant le plus à la variation du processus. Pour obtenir la « qualité totale », le groupe de travail devra avoir recours à des outils d’analyse très complets, nécessitant au sein de l’entreprise la présence d’employés formés à la manipulation d’outils statistiques complexes.

Pour autant, avant d’aller chercher le « zéro défaut », les sociétés devront d’abord créer une dynamique autour de la résolution de problèmes. Plus que la mise en pratique des outils, c’est en effet l’application de la méthode DMAIC qui permettra d’obtenir les premiers succès : pas besoin de statistiques pour cartographier un processus, déterminer le besoin client, mesurer l’écart entre les performances réelles et celles attendues ! Pour parvenir à des améliorations significatives et durables, il faut tout d’abord un engagement managérial fort, qui accepte la remise en cause permanente des pratiques. Ensuite, il faut laisser s’exprimer l’intelligence collective : on a trop souvent tendance à confier des projets d’amélioration à des experts, en excluant les personnes qui vivent tous les jours les aléas du processus étudié. Enfin, il faut une bonne dose de bon sens et quelques outils simples pour dérouler les cinq phases DMAIC : un brainstorming pour identifier toutes les causes potentielles de variation du processus, une matrice de priorisation des X ou un Pareto pour hiérarchiser les causes de variations, l’outil “5 Pourquoi” pour sélectionner les quelques causes réellement influentes sur le processus…

Vous l’aurez compris : avant les outils, c’est la démarche qu’il est primordial de comprendre et d’appliquer ! Elle est expliquée et mise en pratique lors de nos formations Lean Six Sigma de niveau Yellow Belt.

Si vous souhaitez approfondir ce sujet, je vous invite à visionner le replay de la web-conférence "La méthode DMAIC et ses secrets" animée par Pierre Bonnardin, Consultant Senior chez XL Groupe.


Sylvie Gallo
Consultante Senior, Black Belt Lean et Six Sigma

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